Tag Archives: Le parisien

Des hauts des bas

5 Nov

En haut on hurle du vent

en bas on hurle sans dents.

 

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Le costard bien taillé

30 Mai

Les yeux en boule rouge et noir il n’en croit rien de ce reflet,
ce visage froissé de nuits perdues dans un repli de canapé.
Le noie de gomina, l’embaume et le met en bière dans son gris trop repassé
Il fait sautiller son pli amer qui montre les dents trop usées,
l’avancement c’est du passé
Il se ficèle d’une cravate comme on va à l’échafaud
On est de réunion, il y aura du public
les scribouilleurs ont remplacé les tricoteuses

Quotidien intellectuel

26 Nov

Toujours le même

Ce petit jour à répétition.

Délicatement, il a dévissé sa tête

l’a déposé dans un tiroir de son bureau

Pour partir promener.

Aïe

10 Oct

La tombée des nids

des nues.

 

Au fond du cartable

4 Oct

Cette liberté pour nous.

Les corps enlacés de chaleur s’élancent dans la fraicheur des vagues.

Le sel ondule, ourle les paupières engourdies de soleil.

Criques sauvages, inaccessibles. Les pieds nus griffés par ses arrêtes.

Une liberté rien qu’à nous.

Sentiers enroulés de paisibles lézards, drappés de paysages secs et bleu, craquant sous les semelles.

Tout se délave couleur, soleil.

Les gueules maussades se fondent dans la ville. Le paysage se trempe d’automne et de reflets sur les boulevards.

Une liberté et c’était tout.

Des heures des heures, des heures,

Au creux des bureaux blanchis, des réunions sans fond,

des heures arrachées à l’aube, déchirées à la nuit, volées au nid,

fondues sous lumière synthétique néon ou écran où l’on penche courbe voûte.

Ce sacrifice qui ratatine, ride, vide, vieillit.

Cette liberté toute taxe comprise. Les congés à payer.

La séparation

8 Mar

Le panneau coulissa en gémissant. Aline grogna. Savon de Marseille, paraffine sur les rails, huile… Elle avait tout essayé, même changé les roulettes. Peine perdue.

Ce grincement lui avait condamné ses sorties du samedi et dimanche matin. Eric ne supportait pas qu’on lui ruine ses grasses matinées. Ça le rendait dingue. Il défonçait plus encore la porte du placard. Qui avait perdu au moins 3 cm cube avait-elle calculé. Maintenant qu’elle n’était plus avec, Aline s’en accommodait. Elle essayait seulement de grignoter deux à trois mois de plus. Le plus discrètement possible. Alors, les weekends, elle s’asseyait dans le noir du placard, silencieuse, épiant son réveil. Elle grattait un peu, faisant bouger les cintres au-dessus de sa tête, histoire de.

Ils étaient au milieu d’un mois déjà payé lorsque le couple avait voulu se séparer. Il battait de l’aile. On piaillait trop. Les voisins hurlaient. Hors de question de partir. Pour encore plus petit et plus cher ailleurs. Eric avait le salaire le plus élevé. Elle avait choisi le placard et une grosse réduction du loyer.

Dans son placard, Aline angoissait. Elle ne souhaitait pas être marquée par les stigmates des clapiers, comme les lapins au pelage quadrillé. Une peur aussi de rétrécir. Elle en était sûre, elle en sortait si courbaturée le matin. Alors, quand son ex partait de l’appart, elle se comparait les traits au crayon sur le mur.

Cohue

10 Fév

Transport égalitaire d’un instant.

RER B

6 Fév

ça gigotte

Ficellés

soutif, collant, string, cordon d’iphone

ça se tord dans tous les sens

veau hors love

coincé, compacté

ça bêle. ça braie.

mais ça suit,

pelotonné les uns contre les autres.

Régulateur de flux

30 Jan

Jules hurle « Lara, Versailles-Chantier », « Ubu, Saint Quentin » comme il le fait pour ses « chouchous » « bonbons » « glaces ».

Le maillot et l’été en moins.

Saisonnier au Gros du roi il aurait préféré, l’hiver être tire perche pousse fesse en bas des pistes. Mais Jules a horreur du vide.

La ratp avec ses lignes courbes mais plates lui convient. Il bosse chez l’archange station Saint Michel, « sous Notre Dame ». En plein coeur du transit.

« Attention! marche! »  Il les met au pas. Leur sourit aussi. Presque gratuit. vla l’salaire.  Mais c’est pas mieux payé à Chatelet.

Parfois on répond.

Il les surveille s’engloutir fébrilement à la fermeture des portes. Les régule d’un mouvement du bras.

Ses potes, y comprennent rien. Régulateur de flux? tu fais l’tampon quoi?!!

Le soir il rentre chez lui.

C’est la merde, pas même une station dans l’bled.

A pied. Ca change.

Au tourniquet

10 Jan

Le tourniquet fit un quart de cercle puis s’arreta. Et merde.

Une personne s’emboutissait déjà derrière elle en maugréant.

Elle ne paniqua pas. Se retourna et fronça légèrement les sourcils – sous terre, tous offrent un expressionisme minimaliste – pour que celui du derrière la secourût.

Moche et bedonnant à en boucher le tourniquet. Toujours ma veine. Elle se coula le plus finement possible le long de la barre. Compacta son petit dej et son estomac.

Il bipa et la libéra d’un coup d’avant train.

ça la décida la dérida.

Le choix le plus sage de sa vie.

Elle pouvait plus les voir de toute façon.

Direction Moscou puis le transibérien. Avec l’hiver, on allait être tranquille. Enfin seule. Avec un volume immense. Pour soi.

Elle se cala dans le siège du tupoleff. Un peu etroit, branlant, mais plus sur liste noire. Et puis les hotesses devaient proposer de la vodka. Elle regarda par le hublot. l’aéroport charles de gaulle. Un si grand homme pour un aéroport si crade, c’est pas de bol. Mais les alentours étaient truffés de lapins.

On s’assit en contact à côté d’elle. Trop près. Encore!

Moche, visqueux étalé vers elle sous l’accoudoir. Le même que ce matin.

Elle cria.

Ils décolèrent.